Paie Et Tais-Toi, « Connard » !

Se faire traiter de connard par un élu communal, voilà qui nous paraît incongru, et c’est pourtant ce qui vient d’arriver à un habitant de Lustin.
Qu’avait-il bien pu faire pour en arriver là ?
Pas grand chose, en fait : il s’était seulement permis de se plaindre des travaux de déneigement des routes dans sa commune en ces temps de grands froids.
Tout citoyen a le droit de demander compte aux agents publics de leur administration et c’est donc ce que Jean-Marc Demoulin a fait en adressant un mail circonstancié au service des travaux de Profondeville, la réponse qu’il a reçue s’est résumée à ces quelques mots :
« conard de la part de Strphan Tripnaux »
Au vu de l’orthographe pour le moins sommaire de ces quelques mots, on aurait pu croire en une mauvaise blague ou a une utilisation frauduleuse de la messagerie électronique de l’échevin, mais pas du tout :  il persiste et signe dans sa réponse à un journaliste :
« Dans son courrier, ce monsieur s’est permis de critiquer mes hommes.
Or ceux-ci travaillent jour et nuit pour déneiger les routes.
De plus, cet habitant de Lustin se permet d’émettre des critiques alors
qu’il ne vit que trois mois par an dans sa maison.
Mais je ne suis pas le seul à avoir réagi durement à ce courrier électronique. Le secrétaire communal lui a également envoyé une réponse assez sèche mais je ne m’excuserai jamais »
Cette réponse donne froid dans le dos : non seulement Stéphan Tripnaux confirme ses écrits, et le mépris qu’il a pour la population qu’il est censé représenter, mais en plus, il émet des jugements de valeurs totalement déplacés sur le mode de vie du contribuable concerné.
On peut comprendre que le travail des services en question soit difficile en ces temps de fêtes, et que les conditions climatiques des dernières semaines aient été particulièrement pénibles, mais il n’en demeure pas moins qu’assurer la sécurité de la population fait partie de la raison d’être des Autorités publiques, et que c’est à ce titre qu’elles lèvent l’impôt.
L’oublier, c’est faire table rase des acquis de 1789 et revenir à la situation de l’Ancien Régime, où la dîme était due à une caste privilégiée, sans aucune contrepartie légitime.
Pierre-Yves Novalet
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Holland-Belgium Bide

 

C’est l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. En proposant une candidature conjointe pour organiser le Mondial de football 2018, la Belgique et les Pays-Bas ont mis sur la table 10 millions d’euros.
Comme l’a déclaré (Le Soir du 10 août 2010) Yves Leterme, il existe un « large consensus politique » autour de cette double candidature. Aucun journaliste ne semble avoir demandé au Premier ministre en affaires courantes s’il existait aussi un consensus des citoyens sur la question.
Par bonheur pour le portefeuille des contribuables belges, déjà sollicités sans qu’on leur ait demandé quoi que ce soit, la FIFA a décidé d’attribuer la Coupe du Monde à la Russie. Les dollars des milliardaires russes ont pesé plus lourd que les exigences éthiques mises en avant par les plats pays. Inutile d’en attendre davantage d’une Fédération de football gangrenée par les affaires de corruption.
Au final, cette aventure avortée aura permis à quelques politiciens en mal de reconnaissance de faire parler d’eux. Quant aux Belges, ils auront payé chacun 33 euros en moyenne pour avoir l’honneur de se faire éliminer au deuxième tour de scrutin.
Lors du dernier Mondial en Afrique du Sud, les coûts finaux furent 13 fois plus élevés que ce qui avait été prévu au départ. Suivant cette analyse, on ne peut s’empêcher de penser qu’en élisant la Russie, la FIFA a rendu un fier service aux contribuables belges.